Mélo-Poésies

 

 

Plusieurs portent ton prénom

Toi seule hante ma raison

Plusieurs éblouissent les yeux

Toi seule me fait heureux

Une seule peut faire des ombres un soleil

Changer marguerite en rose vermeille

Un arc-en-ciel peut briller

Un sourire fait rêver

Son regret chanter

 

 

Visage d'une femme, L. DaVinci

 

 

 

 

Je ne connais pas ton visage

Ni même ton âge

Est-ce bien sage

De voir sans image

Ce que je sais de toi

Ne fait pas même illusion

Un esprit ou une aura

Seul est ton nom

Entre les murs de ma solitude

Entre les pages de mon étude

Tu faits alcôve

À mes fugues, mes pauses

Que me dis-tu, oui je t’entends

Quand tu me parles d’un roman

Mon quotidien où tu n’es pas

Sachant pourtant autant de moi

 

 

Que chantes-tu de ta douce voix

À cette oreille qui ne dort pas

Vocalises magiques, libératrices

Lyre romantique, incantatrice.

Je me sens faillir

Sous l’accent du désir

Écrire des mots sur blanches pages

Tracer l’anneau qui cernera ton visage.

Entre les murs de ma solitude

Entre les pages de mon étude

J'écris tes jours, tes soirs

C'est notre petite histoire

Je bois tes mots, consigne tes propos

En vis les soubresauts

Voilà que j'en perds le fil

Que mon coeur est trop fébrile

 

 

 

Liseuse de Vermeer

 

 

Quelques mots versés par la plume

Aux coulis des longues amitiés

Quelques mots mousseux de brumes

Aux secrets des pensées voilées

Quelques mots en fleurs tracés

Au bouquet des silences exhalés

Quelques mots sinuant le parchemin

Aux méandres des chemins

Quelques mots étalés sur le vélin

Aux pastels d'or et d'airain

Quelques mots, larmes des souvenirs

Aux eaux-sources des avenirs

Quelques uns de vos mots

Pour que gouttes soient flots

Quelques mots parfumés, rosés

Pour tremper l'âme, l'y diluer

 

 

 

 

 

Si tu étais mon automne,

Tu serais cette fermière qui moissonne

Les champs de mes Eden, de mes étés.

Tu serais ce chêne, ma solidité.

Si tu tenais entre tes mains

L'arc-en-ciel de mon destin,

Tu serais cet écrin, cet abri

Où se cachent mes non-dits.

Si tu étais la montagne

Où s'évadent mes silences,

Tu serais ma solitude, ma compagne,

Mon repos, mes absences.

Si tu étais en mer

Où voguent mes pensées, mes éphémères,

Tu serais cette île, cet asile

Hébergeant mon exil.

 

 

 

J'ennuis tes aurores,

ta voix dans le blizzard,

ton âme, ton corps.

J'y lovais ma lassitude,

sur tes glaciers posait ma solitude,

ton souffle me giflant à rire.

J'ennuis, je soupire

ces nuits, ces aubes

où fusion furent nos jours.

C'était presque l'amour.

Tu es restée là-bas mon amie

et moi revenu ici.

Ma bure est solitaire,

ma quête un désert,

j'ai perdu notre éternité.

Antoine Vestier Mlle Rouille

Un ange noir est passé

dans ses griffes m'a saisi

et de toi je fus éloigné.

Pas même un adieu

à tes yeux bleus

sous ta glace ensevelis.

On m'a ravi à toi,

je tremble, j'ai fièvre,

sans ton givre sur moi.

Un Elfe est pitié,

transmue mes larmes versées

en neige éternelle.

Je suis ton linceul,

ton berceau chez les Immortels,

tu n'es plus seule.

 

 

 

 

 

 

 

Dans un vieux livre d'un autre âge,

précieux signet entre les pages,

j'ai retrouvé gage des amoureux :

une boucle de vos doux cheveux.


Dans un vieux parc d'un autre âge,

témoin d'enlacements très sages,

j'ai pu relire une phrase gravée :

"Je vous aime mon adorée . "


Dans Le Journal de vos âges,

précieuse relique entre les pages,

j'ai retrouvé gage de fidélité :

une paire de joncs faite en papier.

 

 

Paul-André Ducharme

 

 

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